Actualités - Portrait

Sandy Bodet, une apprentie qui vaut de l’or

A 21 ans, Sandy Bodet, apprentie ajusteuse structure chez Airbus à Saint-Nazaire, a reçu la médaille d’or du meilleur apprenti de France en mécanique aéronautique. Une récompense qui la conforte dans son choix de carrière.

Sandy Bodet en est certaine, elle ne regrettera pas de ne pas avoir usé les bancs de la fac après son bac. Depuis qu’elle est entrée en apprentissage chez Airbus à Saint-Nazaire, elle sait qu’elle a trouvé sa voie. « Après le collège, je ne savais pas du tout ce que je voulais faire alors j’ai continué dans la filière générale pour passer un bac littéraire. C’est en Première que j’ai eu envie de travailler chez Airbus. J’aimais bien le travail manuel et je m’ennuyais un peu en cours car il y avait beaucoup de théorie et pas de pratique. Mais, à l’époque, je voulais quand même obtenir mon bac, en pensant que cela pourrait toujours me servir », explique-t-elle.

La jeune fille veut aussi suivre les traces de son père, lui-même employé chez le constructeur aéronautique. « J’en ai toujours entendu parler, j’ai été bercée là-dedans depuis toute petite. Comme son travail avait l’air intéressant, j’ai voulu à mon tour découvrir cette entreprise », ajoute Sandy.

Du bac L…au bac Pro

Son bac en poche, elle fait une demande pour effectuer un apprentissage dans l’entreprise de ses rêves. En dépit d’un refus, la jeune fille ne baisse pas les bras et effectue une nouvelle tentative l’année suivante. Sa ténacité est récompensée et elle rejoint Airbus en 2010 grâce à l’alternance via le CAP mécanicien cellules aéronefs du pôle formation des industries technologiques de Saint-Nazaire. Après cette formation de deux ans, elle décide de poursuivre l’expérience de l’apprentissage en préparant le Bac professionnel mécanicien système cellule.

Ce parcours conduit au métier d’ajusteur mécanicien de système cellule, capable d’intervenir aussi bien dans la construction de la structure des aéronefs que dans la maintenance des systèmes avions (circuits électriques, hydrauliques, pneumatiques, commandes de vol). Sandy alterne ainsi deux semaines à au centre de formation et deux semaines chez Airbus.

Dans le nez de l’A380

Dans l’entreprise, elle travaille avec une quarantaine d’autres personnes sur son poste. Sandy opère sur la structure de la pointe avant de l’A380, dans le fond bombé (ou nez de l’avion). Concrètement, elle positionne des pièces en aluminium, les perce, les colle à l’aide de mastic et les assemble grâce à des fixations.

La jeune fille utilise ainsi différents outils, comme des perceuses, des renvois d’angle pour percer également, des clés (plates, Allen) et cliquets, des visseuses pour les écrous et les agrafes ainsi que des machines servant à la fois au perçage, à l’alésage et au fraisage. Son travail consiste aussi à effectuer des contrôles des perçages, fraisages et alésages, et à évaluer le positionnement des pièces, qui doivent être parfaitement ajustées.

Honorée au Sénat

Durant sa deuxième année de CAP, toute sa classe participe au concours « Un des Meilleurs Apprentis de France », organisé par la Société des Meilleurs Ouvriers de France (MOF), dans la catégorie « monteur cellule aéronef ». « Nous avions chacun une pièce en aluminium à assembler à l’école en quarante heures ainsi qu’un dossier technique à constituer, comprenant une gamme de fabrication et des explications », précise Sandy. Sa performance, évaluée successivement par un jury départemental, régional puis national, lui vaut de décrocher la médaille d’or. Son prix lui a été remis le 6 mars dernier au Sénat.

L’exemple de Sandy devrait inciter davantage de filles à rejoindre les rangs des ajusteurs-monteurs, le métier restant peu féminisé. Dans l’entreprise Airbus de Saint-Nazaire, seules 10 autres femmes travaillent au sein de la structure.

« Quand je suis dans l’atelier, je ne vois pas le temps passer » !

Dans un an, la meilleure apprentie aura la possibilité de continuer en BTS ou de demander à être embauchée. « J’hésite encore mais je crois que j’aimerais bien m’arrêter au bac pour pouvoir rester quelque temps à l’atelier, profiter du travail d’équipe avant d’envisager d’aller plus haut », explique-t-elle, avant de conclure : « J’aime vraiment l’ambiance de l’atelier, je ne vois pas les journées passer ! »

Luce Margonty

© 2013 Les Industries Technologiques – Tous droits réservés

Photos © Linda Gascoin

  • 27 août 2013
  • Envoyer par mail
  • Imprimer
  • Facebook
  • Twitter
  • Linkedin
  • Viadeo
Envoyer

L'email inscrit ne sera ni conservé ni réutilisé

*champs obligatoires

Vous aimerez peut-être

Abonnement aux actualités

Consulter les mentions légales

Mentions légales

L’UIMM, en sa qualité de responsable du traitement, collecte et traite vos données afin de vous adresser la newsletter. Conformément à la loi n°78-17 du 6 janvier 1978 dite « loi Informatique et Libertés » , vous bénéficiez d’un droit d’accès, de rectification, de suppression et d’opposition pour motif légitime à l’utilisation des données vous concernant, que vous pouvez exercer en vous adressant au CIL par courrier postal à l’adresse suivante UIMM, Correspondant Informatique et libertés, 56 avenue de Wagram, 75017 PARIS