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Place au voilier écologique !

Concevoir un voilier du futur écologique et durable, c’est la mission que se sont fixés Catherine Chabaud et Julian Stone en collaboration avec une quinzaine d’entreprises innovantes et cinq centres de recherche français. Le bateau devrait voguer d’ici trois ans. Explications.

« Avec ce voilier du futur, nous avons l’ambition de faire évoluer la filière nautique afin de répondre au double enjeu écologique et économique à la base du développement durable », explique Catherine Chabaud, copilote du projet. Première femme à avoir effectué deux tours du monde à la voile, en solitaire et sans escale, lors des Vendée Globe de 1996 et de 2000, cette dernière a également quatorze traversées de l’Atlantique à son actif.

« Lorsque vous traversez les océans, il n’y a pas un jour où vous ne voyez pas des macro-déchets dériver, alors qu’on est à mille milles de toute terre habitée », explique la navigatrice aujourd’hui engagée pour la préservation de la mer et du littoral. « Construire un bateau qui allie les éco-matériaux et les éco-technologies, afin de réduire ses impacts environnementaux, est donc une nécessité porteuse d’avenir ».

 

Un voilier vitrine pour promouvoir les matériaux éco-innovants

Quand l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) a lancé un appel à projet « Navire du futur » en juillet 2011, Catherine Chabaud s’est concertée avec Julian Stone, co-fondateur du réseau écologique EcoNav, pour concevoir le cahier des charges de ce voilier qui allie artisanat et haute technologie. Une habitude pour la navigatrice qui n’en est pas à son coup d’essai... Déjà, en 1990, avant de partir pour son premier Vendée Globe, la navigatrice avait fait construire son bateau de 6 mètres 50 en public dans le cadre d’une exposition au sein de la Cité des Sciences et de l’Industrie, à Paris.

Aujourd’hui, le fruit de la réflexion futuriste des deux navigateurs prend la forme d’un bateau d’une dizaine de mètres de long. Un bâtiment dont la coque sera en aluminium (matériau renouvelable), avec un pont, des voiles, des cordages et un accastillage (accessoire de pont) bio-sourcés, c'est-à-dire fabriqués à partir de matières premières végétales compostables en fin de vie. Et ce n’est pas tout ! Un hydrogénérateur intégré à la coque, un moteur électrique haute performance (l’ambition étant l’autonomie énergétique), une aile de traction auto-stable, des peintures antifouling (anti-algues), un système de traitement des déchets et du matériel électronique à faible consommation, un capteur océanographique ont également été planifiés.

Réunir les entreprises les plus dynamiques du secteur

Une utopie ? Que nenni ! Une quinzaine des petites et moyennes entreprises (PME) innovantes de la filière et cinq centres de recherches ont répondu favorablement à leur appel. Le chantier naval Alubat pour la coque, l’entreprise Multiplast pour les matériaux bio composites, NKE pour un pilote automatique nouvelle génération, Watt&Sea pour un hydro-générateur, Karver pour une poulie en biomatériaux, Plastimo pour la gestion des déchets…

Le projet a été labellisé par les pôles de compétitivité Mer Bretagne et EMC2 et a reçu le soutien des régions Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes et Aquitaine.

Créer et valoriser économiquement une plateforme collaborative

« Cette effervescence intellectuelle autour d’une envie commune est très enrichissante », explique la navigatrice. « Travailler sur un projet collaboratif comme celui-ci permet aux PME souvent trop petites pour chercher seules de nouveaux développements, de mutualiser les idées, les compétences et les moyens d’innovation et de réaliser qu’elles ont du ‘business à faire ensemble’. S’asseoir autour d’une même table les aide à structurer l’industrialisation et la commercialisation nécessaire pour s’adapter aux enjeux actuels. Seules, elles n’auraient pas non plus les moyens de répondre à un appel à manifestation d’intérêt à l’instruction longue et complexe ».

Le budget de ce voilier du futur s’élève à 13 millions d’euros : un budget important pour lequel Catherine Chabaud et Julian Stone recherchent encore des mécènes pour voir ce voilier vitrine de la technologie française voguer en 2016 et promouvoir ainsi les solutions éco-innovantes. Bon vent !

 

Laura Moretti

© 2013 Les Industries Technologiques – Tous droits réservés

Photos © Francois Lucas

  • 30 Mai 2013
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