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Maintenance : Thomas Zglinski fait décoller les avions

Le moteur, les câblages, le fuselage… ces pièces d’avion et d’hélicoptère n’ont (presque) aucun secret pour Thomas Zglinski. Cet expert en maintenance aéronautique, passionné de mécanique, vient d’entrer dans la vie active, après avoir goûté au monde du travail via une formation en alternance.

Les appareils sur lesquels il travaille font rêver : Falcon, Rafale… Avant de décoller, ces avions passent entre les mains de Thomas Zglinski. A 21 ans, ce jeune qui vit près de Vitrolles dans les Bouches-du-Rhône a obtenu en août dernier son BTS en maintenance aéronautique. Il a depuis été embauché en CDI par l’entreprise qui l’avait accueilli lors de sa formation en alternance. Il travaille chez Dassault aviation, à Istres.

Thomas prépare ou conçoit les pièces nécessaires aux mécaniciens pour entretenir les avions. Après une demande de la part de ces derniers ou du bureau d’études, sa mission consiste à dessiner la pièce sur ordinateur et à en valider la faisabilité, que ce soit un fuselage, un support de câble ou un élément du moteur… « Dans ce métier, il faut aimer les avions. Il y a toujours quelque chose à découvrir, car personne ne connaît un appareil par cœur ! »

Fan de sports mécaniques

Plus jeune, Thomas ne s’imaginait pourtant pas travailler dans l’aéronautique. « J’ai toujours été passionné de mécanique : je fais de la moto-cross, du karting... Je me voyais plutôt réparer des voitures ou des motos ». Lorsque ses parents l’orientent vers un CAP de mécanicien ajusteur en aéronautique, le jeune homme se prend au jeu. « Travailler sur des avions militaires n’est pas donné à tout le monde. C’est un rêve ».

Après son CAP, il obtient un Bac pro puis un BTS en alternance : deux semaines par mois en cours, deux autres en entreprise, et un mois de vacances durant l’été lorsque l’entreprise ferme pour les congés annuels.

« L’alternance, c’est ce qui m’a sauvé. Je n’aurais pas pu passer 100% du temps à l’école», explique Thomas. « Lorsque j’étais en entreprise, j’étais considéré comme un salarié, pas comme un stagiaire ». Grâce à l’alternance, il perçoit une rémunération alors qu’il est encore étudiant. La paie est un pourcentage du SMIC, qui dépend de l’âge de l’étudiant et de la nature de son contrat. « Pour l’instant, je vis encore chez ma mère, mais depuis que j’ai commencé à gagner de l’argent, je suis plus autonome : je paie toutes mes sorties, mes vêtements ».

De l’ordinateur à l’atelier

Du bureau d’étude à l’atelier, Thomas passe rarement une journée entière devant son ordinateur. « Je connais le fonctionnement de la plupart des machines comme celui d’une détoureuse automatique ou d’une fraiseuse… car je dois être capable de dire si une pièce est réalisable ou non, de descendre à l’atelier pour mesurer les cotes des objets. Avec l’arrivée des imprimantes 3D, il n’y a plus de limites dans la fabrication des pièces, on peut travailler des matériaux légers comme l’aluminium, ou n’importe quelle matière », s’enthousiasme t-il.

« Ce métier n’est vraiment pas dur physiquement, mais il l’est mentalement : je dois être concentré en permanence et n’ai pas le droit à l’erreur, car c’est la sécurité des avions et du personnel qui est en jeu ». D’ailleurs, en travaillant dans une entreprise civile qui œuvre pour la fabrication d’appareils militaires, Thomas est tenu au droit de réserve. Il a signé une charte secret-défense lors de son embauche, s’engageant à ne pas divulguer à l’extérieur les détails de ses travaux.

Le goût du challenge

Si Thomas apprécie les responsabilités, il aime aussi la compétition. Cet été, il a participé aux Olympiades des métiers de Leipzig en Allemagne et s’est confronté à des mécaniciens aéronautiques venus du monde entier. « J’avais concouru il y a 4 ans lors de mon Bac pro, mais j’avais échoué aux épreuves nationales. Je m’étais alors mis en tête de retenter l’aventure pour accéder au niveau national ». Il s’est entraîné pendant huit mois après ses heures de travail, dans l’atelier de l’entreprise où il était encore apprenti. « C’était un gros challenge car il fallait aussi que je travaille pour obtenir mon BTS ».

Lors des Olympiades, sa mission a consisté à fabriquer manuellement une pièce à partir d’un plan, à effectuer la dépose et la repose d’un ensemble d’avion, à préparer un hélicoptère pour le vol, à réaliser un câblage électrique, et même une endoscopie, c’est à dire un contrôle à l’intérieur d’un moteur grâce à une camera afin d’identifier une panne puis de la réparer. « La compétition était intense et formidable. En apprenant à connaître les autres candidats, j’ai découvert des métiers dont je ne connaissais pas l’existence ! » Thomas a tellement apprécié l’ambiance des Olympiades qu’il souhaite désormais suivre les équipes pour les encourager « et pourquoi pas, plus tard, devenir coach ou jury ».

Ce n’est pas sa seule ambition. Le jeune homme, qui a déjà suivi un baptême de l’air sur un petit avion, aimerait prendre des cours de vol. Et peut-être, dans quelques années, passer des tests pour devenir pilote. La maintenance aéronautique donne des ailes !

 

Pascale Raimbault

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  • 07 octobre 2013
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