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L'Hydroptère : le bateau qui vole

Vous pensiez que faire voler des voiliers était réservé à James Bond ? Détrompez-vous ! L’hydroptère, le trimaran le plus rapide de la planète, survole les océans. Décryptage…

Pour savoir ce qu’est un hydroptère, il faut commencer par une petite séance d’étymologie ! En grec, hydros signifie « eau », et ptère, « aile ». Il s’agit donc d’un bateau dont la coque s’élève et se maintient en équilibre hors de l’eau à partir d'une certaine vitesse grâce à un ensemble de foils, c'est-à-dire des ailes immergées placées sous chacun des flotteurs du trimaran, qui fonctionnent sur le même principe que des ailes d'avion.

Dès que la vitesse atteint 10 nœuds (soit environ 18 km/h), ces « ailes » immergées génèrent une poussée vers le haut. Le bateau n’est alors plus en contact avec la mer que sur 2,5 m2, ce qui permet à l’hydroptère d’augmenter sa vitesse.

Un engin capable d’aller jusqu’à 50 nœuds, soit plus de 90 km/h !

Ce trimaran allie le rêve du navigateur Alain Thébault, 51 ans, concepteur et dessinateur du bateau, aux plus hautes technologies de l’aéronautique et du génie maritime. L’hydroptère est ainsi capable de passer en 10 secondes de 20 à 45 nœuds (de 37 à 83 km/h) et peut même atteindre une vitesse de 50 nœuds (90 km/h) !

Ce beau projet a nécessité un travail de longue haleine. La maquette initiale a été réalisée en 1985 et le premier record de l’Hydroptère date de 2005, soit vingt ans plus tard ! Alain Thébault et ses équipes d’ingénieurs aéronautiques se sont creusés la tête pendant tout ce temps pour enfin arriver à concilier l’inconciliable : la légèreté et la solidité.

Les ingénieurs se sont inspirés des innovations aéronautiques

En effet, les ailes immergées de l’hydroptère doivent résister à des pressions deux fois plus fortes que celles exercées sur les ailes d’un avion de chasse. Ils ont donc utilisé des matériaux composites, comme des fibres de carbone imprégnées d’époxy et les ont associées à des pièces en titane.

Pour répondre aux lois de l’aérodynamique, la forme de l’hydroptère a été optimisée afin d’assurer une meilleure efficacité des voiles. Les ingénieurs se sont inspirés des trains d’atterrissage des avions de ligne et ont conçu des bras de liaison équipés d’énormes amortisseurs qu’ils ont adjoints au bateau.

Des capteurs analysent en permanence le moindre mouvement du bateau

Pour permettre aux foils (les ailes immergées) de remonter pendant le pic d’effort, puis de reprendre leur position initiale avant la vague suivante, l’équipe d’Alain Thébault a imaginé une dérive renversée, sur le modèle de celles des avions, et conçu une suspension dérivée du Rafale de Dassault Aviation.

Les ingénieurs ont aussi installé à bord une centaine de capteurs qui mesurent en temps réel les pressions, les torsions ou la vitesse. Ces données sont modélisées sur un simulateur de vol permettant d’analyser les moindres réactions du bateau et d’améliorer chaque réglage. 

L’équipe se prépare à battre de nouveaux records

L’équipe profite de l’hiver 2013 pour affiner son programme technologique et sportif et poursuivre ses recherches de partenaires avant de repartir à la conquête des plus grands records océaniques. Bon vent !

Pierre Rahan

©2013 Les Industries Technologiques – Tous droits réservés

Photos : ©Hydroptere -Guilain Grenier-©Hydroptere -Christophe Launay - ©Hydroptere -Francis Demange

  • 12 février 2013
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