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« Ingénieur d’essai dans l’aéronautique : un vrai challenge »

Pauline Dupouy est apprentie ingénieur mécanique chez Eurocopter à Marignane. A 23 ans, elle travaille chez les des plus grands constructeurs d’hélicoptères au monde. Explications.

Pauline Dupouy est en troisième et dernière année aux Arts et Métiers ParisTech d’Aix-en-Provence, en partenariat avec l’Institut Technique des Ingénieurs de l’Industrie (Itii) où elle suit une formation d’ingénieur mécanique en apprentissage. A 23 ans, cette apprentie passe deux jours par semaine au sein de son école d’ingénieur et trois en immersion chez Eurocopter.

Cette entreprise qui emploie près de 10 000 personnes sur le site de Marignane, est l’un des plus grands constructeurs d’hélicoptères au monde. Chaque année, plus de 500 appareils sortent de ses ateliers et notamment des hélicoptères très légers comme ceux utilisés par la gendarmerie nationale et adaptables aux conditions météorologiques et géographiques les plus extrêmes. Les Super Pumas, des appareils dédiés aux travaux de l’industrie pétrolière et les fameux Tigres, les hélicoptères de combat utilisés par l’armée française, y sont également fabriqués.

J’ai participé au test de maquettes d’avions dans une énorme soufflerie

Pauline a toujours rêvé de voler, et elle possède déjà son premier brevet d’initiation à l’aéronautique (BIA). Après un Bac S, option Sciences de l’Ingénieur et durant son DUT Génie mécanique et productique, elle effectue son stage à l'ONERA (office national d’études et de recherches aérospatiales) à Modane-Avrieux, en Savoie. Ce centre de recherche possède la plus grande soufflerie sonique d’Europe. Des ingénieurs d’essai y testent des maquettes d’avions ou d’hélicoptères pour étudier leur comportement aérodynamique, c'est-à-dire leur façon de se déplacer dans les airs.

« Pendant les deux mois et demi passés sur place, j’ai découvert le métier d’ingénieur d’essai et cela a été la révélation, j’ai trouvé ça génial », explique Pauline enthousiaste. « Après mon stage, je savais que c’était ma vocation, je souhaitais m’orienter vers une filière concrète et pratique et j’ai décidé de passer le concours d’entrée pour suivre une formation d’ingénieur mécanique en apprentissage, et de suivre l’option aéronautique et aérospatiale. »

Pauline travaille au laboratoire d’essais au sol

Une fois le concours réussi, la deuxième étape consistait à trouver une entreprise… « alors le jour où les ressources humaines m’ont appelée pour me dire que j’étais prise chez Eurocopter, j’étais vraiment super contente. »

Quand elle est chez Eurocopter, Pauline travaille dans le service des essais aérodynamiques, conditionnement d'air et système carburant au sein du laboratoire d’essais au sol (Le Labogir). Sa mission consiste à réaliser des essais pour optimiser le système de ventilation des équipements électroniques des hélicoptères.

Désembuer l’habitacle d’un hélico comme le pare-brise d’une voiture

Ces appareils sont amenés à voler dans des conditions météorologiques très variables, et à passer de températures pouvant atteindre -30 degrés à + 40 degrés, ce qui crée de la condensation et diminue la visibilité du pilote.

Pour Pauline et ses 70 collègues qui travaillent dans le même laboratoire, il s’agit de trouver un système efficace et rapide permettant de désembuer l’habitacle de l’hélicoptère –comme on désembue le pare-brise d’une voiture. « Un challenge technologique qui nous oblige à nous remettre en question en permanence » précise cette jeune femme dynamique.

Pauline bénéficie du soutien de son tuteur, ingénieur lui aussi

« Les journées commencent des 7 heures du matin par de nouveaux essais ou la poursuite des essais de la veille, ensuite nous rédigeons des rapport d’essais. Nous sommes en permanence en rapport avec le bureau d’études afin de les tenir au courant de nos avancées ou de nos échecs »

Un travail très stimulant pour lequel elle bénéficie des conseils de son tuteur Norbert Marino, ingénieur mécanique âgé de 42 ans. «  Je vais le voir lorsque j’ai des doutes, des questions ou des craintes…Ce qui est bien c’est qu’il me guide et me recadre lorsqu’il voit que je pars dans le mauvaise direction. Il est à l’écoute et m’apprends à avoir la démarche nécessaire, la réflexion, l’indépendance et l’autonomie »

« C’est motivant de sentir que l’on peut être utile »

Aujourd’hui, Pauline dresse un bilan très positif de l’apprentissage. «  Je suis convaincue que c’est le meilleur choix que j’aurais pu faire. L’apprentissage m’a permis de rencontrer beaucoup de gens (salariées ou sous-traitants, âgés de 20 à 60 ans), je suis autonome financièrement et j’ai appris le monde du travail. De plus, c’est motivant de se sentir utile et d’apporter quelque chose de concret à l’entreprise ».

Cette jeune femme intrépide passera son diplôme d’ingénieur dans 6 mois et aimerait bien obtenir un CDI chez Eurocopter ou EADS afin de poursuivre des essais. Nous n’avons plus qu’à lui souhaiter bon vol !

 

Sophie Lavoix

©2013 Les Industries Technologiques

 

  • 11 janvier 2013
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